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06:09

Les maîtresses soumises de la SGI

En décembre dernier, le magazine Daibyakurenge, support d'étude en langue japonaise de la Soka Gakkai, publiait un commentaire de la lettre de Nichiren, Le Sûtra de l'authentique reconnaissance* (WND 1, 929). On y découvre comment Nichiren considère le rôle central des femmes dans la propagation de l'esprit du sûtra du Lotus et de ses enseignements philosophiques. On y apprend également la valeur considérable et déterminante de la relation que chacun entretient avec ses parents. Publiée en février en langue anglaise, ce commentaire (SGI Newsletter n°8155) arrivera dans les publications de l'ACEP dans les prochains mois.

A la lecture de ce commentaire, le rôle des femmes au sein de la SGI revient en force comme le moteur du développement du mouvement Soka et de la philosophie de Nichiren. Le commentaire signé de Daisaku Ikeda fait une démonstration simple et sans équivoque que les femmes, à la fois en leur qualité d'individu mais aussi en tant que mères de famille et de pivot du foyer, sont à la pointe des progrès humains et sociaux. Les femmes sont en somme les piliers de la SGI.

Cette déclaration de principe articulée sur des extraits des lettres de Nichiren pose de nombreuses interrogations lorsque l'on prend le temps d'observer attentivement le fonctionnement de la SGI, et plus particulièrement les organisations locales, c'est-à-dire dans chaque pays où le mouvement Soka est légitime et représenté dans l'espace public.

La première constatation est l'absence flagrante des femmes des cercles décisionnaires dans la plupart de toutes ces instances ou institutions. les hommes, bien que largement minoritaires au sein du mouvement, et ce à l'échelle mondiale, détiennent la quasi-totalité des postes clés de décision et de commandement. On peut contester la nature des pouvoirs réels conférés aux dirigeants des organisations, arguant qu'il s'agit de fonctions honoraires, informelles ou encore d'ordre religieuses. Mais force est de constater que les institutions sont également des entités économiques dotées de moyens qui sont organisés, rationalisés et contrôlés par des hommes et non des femmes. Force est également de constater que l'écrasante majorité des vice-présidents japonais au sein des instances dirigeantes de SG au Japon est masculine et que la presque totalité des personnalité publiques agissantes et influentes au sein des organisations toutes nationalités confondues sont encore des hommes.

La deuxième observation repose sur le fait que le rôle des femmes, bien que mis en avant par ce commentaire (et bien d'autres écrits et discours par le passé), est très nettement circonscrit à une vision japonaise traditionnelle de la femme dans la société. Essentiellement attachée (pour ne pas dire enchaînée) au foyer et à la famille, le rôle de la femme ne dépasse que rarement la frontière des activités domestiques et surtout l'éducation et le soin apporté aux enfants. L'impact social au travers d'une carrière professionnelle, d'une activité politique ou sociale ou même au travers d'une contribution civile locale n'est jamais abordé sinon au travers des "activités" militantes bénévoles au service de l'organisation religieuse. En schématisant on pourrait dire que le portrait de la femme au sein de la SGI est essentiellement celui de la mère de famille impliquée dans des activités d'aumônerie et de catéchèse.

Enfin la troisième observation repose sur l'injonction paradoxale sur laquelle repose ce discours permanent qui flatte les femmes d'un côté et leur interdit une réelle prise de contrôle des opérations sous prétexte de compassion. En effet, le commentaire cité en référence pose clairement l'opposition entre la compassion et l'intérêt personnel, associé aux calculs et aux rivalités. La compassion apparaît alors comme une forme d'abnégation absolue qui impose l'endurance, la tolérance totale et la persistance comme seul moyen d'action pour faire changer les choses, pour sortir de la souffrance. Cet air a quelque chose de familier et la musique nous est jouée depuis l'avènement de l'ère chrétienne. Bref, la pieuse mère de famille sera également silencieuse, sublime figure de la mater dolorosa si chère à nos sociétés catholiques romaines.

A la lumière de ce commentaire des lettres de Nichiren, on comprend une fois encore la difficulté que les femmes rencontrent à sortir des schémas patriarcaux, insidieux, subtils et omniprésents qui truffent les exégèses et les interprétations, voire les traductions. Il n'est pas ici question de dire que Nichiren, personnalité du 13e siècle japonais est un affreux macho. Il est question ici de comprendre que les hommes de notre siècle et qui organisent la pratique du bouddhisme de Nichiren sont prisonniers d'une phallocratie à peine masquée.

Ce qui m'interroge encore davantage est de comprendre pourquoi les dirigeants de l'organisation Soka continuent de prendre leur rôle dirigeant au sérieux et de perpétuer une tradition patriarcale qui n'a plus lieu d'être. C'est du moins, à mots couverts l'invitation que leur fait le maître de l'organisation Soka, ou du moins son président honoraire. A défaut de comprendre au bout de dizaines d'années de répétition, il aurait suffit de lire pour permettre l'émergence d'un nouveau dispositif laïque, d'un nouvel esprit plus proche de la parité proposée par les enseignements du sûtra du Lotus, pourtant vieux de deux millénaires.

Mais peut-être le problème ne se situe pas dans le comportement des mâles en mal d'autorité. Peut-être faudrait-il se tourner vers l'autre sexe et se demander d'où vient cette incompréhensible passivité et son incroyable soumission à la plus vieille dictature de l'histoire...


* J'utilise reconnaissance pour traduire requital qui a trois sens en anglais : 1. Juste rétribution punitive, 2. Rendre une faveur à quelqu'un, 3. Répondre à (en amour ou en affection).

17:15

Cent jours

Quand j'ai commencé à pratiquer le bouddhisme de Nichiren, nous avions l'habitude de recommander la pratique assidue de cent jours pour se faire une idée de la preuve concrète, tangible et matérielle qu'elle pouvait produire. Cent jours, soit un peu plus de trois mois, c'était le temps minimum pour savoir si cette pratique convenait à celui ou à celle qui voulait l'expérimenter et pour obtenir des résultats dans sa vie. Cent jours, c'était le délai de réflexion avant de demander à recevoir l'objet de culte, le Gohonzon, et d'adhérer à la Soka Gakkai (car à l'époque, on adhérait).

Les cent jours n'étaient pas une période de retraite, dans la solitude et l'austérité. Ils n'étaient pas non plus un entraînement intensif, normatif, d'intégration. Pendant cent jours, un autre pratiquant allait chez le novice pour lui apprendre à réciter Gongyo et à réciter Daimoku avec lui ou elle. Gongyo comprenait un chapitre et demi du Sûtra du Lotus que l'on récitait 5 fois le matin et 3 fois le soir. La lecture complète du matin prenait, dans les débuts, pas moins de 40 minutes et la pratique totale près d'une heure. Il fallait donc être motivé pour ne pas être rebuté d'emblée par la longueur et l'aspect incompréhensible du Gongyo que l'on apprenait en phonétique faute de comprendre le japonais vernaculaire.

En cent jours, le/la novice assistait à 7 réunions de discussion, à raison de deux par mois. Il/elle pouvait avoir la possibilité d'assister à des réunions de groupe pour connaître les gens de son quartier et de son département. En général, en cent jours, cela ne dépassait pas les dix réunions d'environ une heure et demi chacune. Tout cela se déroulait aux domiciles de ceux et celles qui voulaient bien accueillir des réunions de discussion et dans une atmosphère plutôt détendue et informelle. Peu de japonais étaient présents, et les novices n'étaient pas des curiosités. Les personnes nouvelles, intéressées par cette philosophie bouddhiste qui se pratiquait au quotidien sans moines et sans fanfreluches attirait naturellement les gens, souvent en recherche d'une spiritualité ou d'une éthique pouvant supplanter les vieilles religions et les idéologies moribondes.

Cent jours, c'était le bon temps

Et si au bout de cent jours, rares étaient les novices qui n'avaient pas d'expérience à raconter et une envie irrépressible de refaire le monde, de refaire leurs mondes. Il arrivait qu'au bout de cent jours, des novices reprennent le chemin de l'Eglise, ou bien qu'ils/elles retournent à leurs premiers amours spirituels ou éthiques avec une énergie renouvelée. Le bouddhisme avait fait son effet, revitalisant. Encore plus rare étaient ceux ou celles qui quittaient les réunions avec le sentiment d'avoir été au contact d'une secte.

Cent jours, c'était le bon temps.

Aujourd'hui, il faut protéger et respecter. Alors le bouddhisme est souvent absent des échanges même si on continue à l'appeler bouddhisme. Les croyances en Dieu, en les anges, en l'astrologie, dans les cristaux ou les énergies, dans le pouvoir des fleurs ou de l'acuponcture, des massages et des flux, des réseaux de résonances et d'influences mystiques ont pris le pas sur l'enseignement basique du bouddhisme le plus simple. Face à l'abondance et la foison, on brandit le président Ikeda comme d'autres ont brandit le crucifix sanglant ou les images pieuses. Face au grand bazar de la spiritualité de comptoir, on oppose la pureté de l'enseignement de Nichiren conservé exclusivement par nous... et pas les autres.

Aujourd'hui, il faut tolérer mais rester ferme. Alors les religions moribondes d'hier sont ramenées à la vie pour faire causes communes... mais pas les autres Nouveaux Mouvements Religieux. Pas question d'être assimilés aux Témoins de Jéhova, ni à l'Eglise de la Scientologie, ni même aux Rosécruciens ou aux Evangélistes. Et de menacer de procès ceux qui oseraient nous mettre dans le même sac.

Hier, nous étions mis à l'index, traînés dans la boue et pourtant notre mouvement se développait et nous avions des réunions en expansion. Les associations étaient un joyeux bordel et personne ne savait vraiment comment gérer tout ça. Alors on improvisait, on s'improvisait et on faisait de notre mieux.

Aujourd'hui, nous n'avons jamais été aussi protégés des institutions et des médias qui se désintéressent de nous. Et jamais nous n'avons été aussi susceptibles et rigides. Les réunions sont faméliques, difficiles et les rares qui fonctionnent encore selon le mode ancien prospèrent. Le reste vieillit et continue de prétendre que tout va bien dans le meilleur des mondes.

Peut-être devrions-nous donner cent jours à ceux qui nous dirigent pour faire leurs preuves et savoir si la direction de ce mouvement, qui est le nôtre, est une expérience concluante ou pas...

08:39

La foi en vacance

Pratiquer le bouddhisme en dehors du cadre rigide de la discipline monastique pose un certain nombre de problèmes typiquement humains. Notre tendance à l'inertie rend les exercices spirituels et les rituels beaucoup plus ardus qu'il n'y paraît. Quand par dessus cela, il faut également être pro-actif dans les activités de congrégation, là c'est mission impossible.
En France et dans la plupart des pays, la Soka Gakkai repose intégralement sur la capacité sociale des individus qui pratiquent les enseignements qu'elle diffuse. Dans les contrées encore fortement agraires, de sociétés très soudées par des parentées et des liens tribaux, le bouddhisme trouve en général un terreau fertile pour se développer. Dans les sociétés anonymes, de type occidentales, où l'individualisme outrancier en a fini avec le lien social, c'est beaucoup plus dur. On pourrait penser le contraire à cause de la permissivité apparente des occidentaux et de l'ostracisme inhérent aux sociétés de ce qui fut autrefois le Tiers-monde. Mais il n'en est rien.
C'est en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud où la Soka Gakkai voit des développements de grande échelle. Et c'est en Europe et aux Etats-unis que l'on rame pour faire passer le message et pour reconstruire des communautés spirituelles. L'individualisme libéral y est pour une part. Mais la véritable plaie de la spiritualité en Occident, c'est l'incapacité des individus à se prendre en main et à mener un projet jusqu'à son terme. Le confort, même précaire, est largement suffisant chez nous pour que l'on n'aie pas à se préoccuper de trop en cas de coup dur ou bien dans les périodes de stagnation.
Mais le problème ne s'arrête pas là. L'inertie de nos pays, soi-disants évolués, est telle que nous ne nous apercevons de rien, que notre horizon est bouché, tant nous sommes divertis par une légion de menus détails comme le téléphone, la télé, les jeux de toutes sortes, les drogues de toutes sortes, les usages futiles et inutiles, et la consommation délirante dans son ensemble. Tout ce flux incessant vient nous retirer le peu de force vitale que nous sommes capable de mobiliser pour nous lever le matin et nous laisse paralysés sur des chemins de traverse qui ne débouchent que sur la violence, la bêtise et davantage de consommation.
C'est pour lutter contre cette inertie, cette forme insidieuse et subtile de corruption de l'esprit, que le moine du 13e siècle, Nichiren, a diffusé sa pratique liturgique et ses enseignements. Il ne les a pas sortis de la cuisse de Jupiter (qu'il ne connaissait sans doute pas) et les a synthétisés de la tradition bouddhique dont il était issu et dont nombre de moines japonais avant lui s'étaient improvisés les conservateurs.
Cette pratique bouddhique ne s'inscrit pas dans la stricte voie monastique. Son fondateur, Nichiren toujours, ne l'avait pas conçue comme une école distincte et concurrente des autres écoles de son époque, mais plutôt comme un mouvement populaire et informel. Ce sont ses héritiers (des moines) qui instituèrent les différentes et divergentes écoles qui existent aujourd'hui. Chasser le naturel, et il revient au galop.
En tant que pratique (et là je parle de ce que les grecs appellent la praxis), le bouddhisme de Nichiren est très différent des bouddhismes monastiques. Il s'inscrit dans le quotidien, se développe dans le monde du travail, dans la famille, dans les relations sociales et fait partie de l'existence humaine comme une composante naturelle indistincte, comme l'hygiène, l'alimentation ou la culture. Et c'est ainsi qu'il a été compris au début du vingtième siècle par nombre d'intellectuels japonais.
C'est, à mon avis, sur cette simplicité que les fondateurs de la Soka Gakkai se sont appuyés en démarrant le mouvement Soka. Il a pris au fil, des périodes et des dirigeants, des styles différents, mais il a conservé jusqu'à aujourd'hui une certaine cohérence avec le message originel de Nichiren, fondateur de la doctrine : un mouvement populaire et informel qui s'inscrit dans le quotidien de monsieur et madame tout-le-monde.
Il n'en demeure pas moins difficile à pratiquer dans ce même quotidien. Parfois même, il peut apparaître comme plus complexe à mettre en œuvre que de s'ordonner bonze. Car la discipline monastique a ceci de plus simple : on quitte tout et en s'extrayant du monde on ne se consacre plus qu'à une seule chose la recherche de l'illumination. Je ne vais pas essayer de démonter ce concept, mais il est certain que c'est au moins aussi simple que de quitter la vie séculière pour entrer au monastère ou au couvent.
Alors au quotidien, pratiquer le bouddhisme de Nichiren c'est pas simple. Surtout si l'on atterrit dans une campagne à faible densité de population (et par extension à faible densité de pratiquants). Sans contacts autres que ceux que l'on suscite, où les rares bribes d'informations que l'on glane à droite et à gauche, il devient très difficile de maintenir le cap et surtout d'alimenter la foi. A moins d'avoir une longue expérience et un gros bagage culturel spécifique au bouddhisme, il est alors très facile de verser dans le fossé de l'inertie et de dériver plus ou moins vite. Je comprends les nombreux pratiquants qui ayant quitté la capitale, ou bien des villes très actives, ont vu leur pratique décliner et parfois même disparaître.
Relié au mouvement Soka mondial de nombreuses façons et surtout au travers d'une forte activité de blog et de discussions sur des listes de diffusion et des groupes de Facebook, je poursuis ma pratique avec un grand sentiment d'isolement régional. Et bien que je conserve de nombreux liens avec des pratiquants de l'Ile de France où j'ai milité ces vingt dernières années, je regrette l'inertie que je suis forcé de constater dans la région où j'habite. Il est courant d'invoquer les distances, le manque de temps et la difficulté à accorder les emplois du temps... Mais à la lumière d'une pratique bouddhique qui a pour but central d'augmenter la force vitale de l'individu, toutes ces raisons sont seulement le reflet de l'inertie très puissante qui règne.
La capitale n'est pas exempte de l'inertie, et bien souvent les gesticulations et les empressements s'appellent activités, mais n'en sont pas. Mais cette interminable succession de réunions diverses et variées donne l'illusion d'une action dans le monde de la foi, dans le mouvement Soka. Et dès que tout cela s'arrête, alors ce qui alimentait la pratique s'éteint et fini par s'étioler.
L'éloignement (de la ville et entre les gens) a cette capacité de révélation. Il révèle la vacuité et l'inconsistance dans les intentions et les attitudes. Il révèle aussi la faiblesse des discours et des phrases toutes faites. Une fois le bruit disparu, que reste-t-il du mouvement Soka à la française. Pas grand chose. Et il faut tous les efforts d'une poignée de pionniers pour maintenir à bout de forces et de bras un réseau fragile et facile à rompre.
Vu d'ici, de Senlis, en Picardie, le mouvement Soka est un concept séduisant et abstrait. La réalité est très différente des longs et édifiants passages de la Nouvelle Révolution Humaine, très différente des proses insipides des publications et complètement différents des envolées lyriques des Discours et entretiens de Daisaku Ikeda. Car l'éloignement fonctionne aussi dans ce sens-là, de là-bas où les choses se décident, se formalisent, se commandent.
Alors que faire ? Comment changer ce qui semble immuable ?
J'ai la conviction que cela passe par redécouvrir sa propre capacité à diffuser le bouddhisme et à initier les autres à sa pratique. Mais peut-on encore utiliser les arguments de Nichiren : faire la démonstration de nos erreurs actuelles, invoquer les catastrophes desquelles nous sommes l'origine, expliquer la perversité de nos croyances dans le capitalisme, dans l'argent roi, dans l'idéologie, dans l'illusion...
Non, il faudra changer de disque. La recette est repoussante. Personne ne veut de cette soupe, pas même les millénaristes chevronnés qui préfèrent aller chercher le salut auprès des Témoins ou des Evangélistes. Il faut trouver une nouvelle approche. Sortir de « l'orbite du bonheur », du positivisme de pacotille et surtout des promesses invérifiables et intenables. Et surtout, il faut quelque chose qui parle aux plus jeunes.
La foi est en vacance en France. L'espoir s'amenuise au gré des licenciements, des lois répressives et de l'accumulation des calamités et des désastres dont on soupçonne que nous y sommes pour quelque chose. Mais les jeunes, fraichement débarqués sur la planète Terre, sont en droit de demander pourquoi c'est à eux et elles de payer pour nos conneries ? Ils et elles sot en droit d'exiger qu'on arrête de saccager le monde qu'ils et elles habiteront quand nous seront de la poussière. Et pour combler la vacance, ni les slogans politiques, ni les messages religieux ne seront de taille à offrir un avenir concret et véritable aux prochaines générations.
Il va donc falloir retourner à l'école de la vie et trouver de nouvelles pistes et forger un cadre pour pratiquer le bouddhisme en dehors des règles monastiques et des institutions ecclésiastiques. Relire Nichiren pour comprendre sa démarche, puis réussir à la transposer à notre temps, à notre décor, à notre culture. La réponse n'est pas venue du Japon, trop empêtré dans sa propre culture syncrétique, capable de tout avaler mais peinant à produire du neuf. La réponse, c'est à nous de la fabriquer et nous manquons de temps... N'en déplaise à ceux et à celles qui continuent de mettre la tête dans le sable : cela fait plus de 40 ans que le bouddhisme de Nichiren s'est invité en France. A ce jour, nous n'avons toujours pas de discours...

13:19

Où est la jeunesse du mouvement pour la création de valeurs ?

Après un court séjour en Serbie, puis un saut dans le centre de la France, me voici dans le Sud à quelques kilomètres du centre européen d'entrainement de la SGI. Ma compagne, la mère de ma fille, participe au séminaire de la région Nord depuis jeudi et ce jusqu'à demain midi. C'est une occasion, encore, de faire un point sur le parcours et de se projeter vers l'avenir.
Le « séminaire bouddhique » n'a rien à voir avec le séminaire catholique. On n'y devient pas moine, ni prêtre. Il s'agissait au départ de permettre à cent cinquante participants de se retrouver dans un même lieu, de prier ensemble, d'étudier ensemble et d'échanger sur leurs expériences respectives de la pratique du bouddhisme. C'était un lieu de rencontre spirituelle où l'on pouvait s'éveiller à la pluralité des points de vue, à la richesse des différences, à la multiplicité des parcours.
Alors que je ne connaissais le bouddhisme de Nichiren que depuis seulement deux ans, j'ai participé à mon premier séminaire. Je me suis retrouvé dans la garrigue provençale, au pied de la Sainte Victoire avec 150 autres jeunes gens de 18 à 35 ans. C'était une époque étonnante où la jeunesse était présente dans le mouvement Soka, le mouvement pour la création de valeurs bouddhiques dans la société. Le souvenir qu'il m'en reste était que nous étions, filles comme garçons, les poumons de l'organisation. Nous participions à nombre d'activités bénévoles et nous avions le rôle d'animer les réunions de discussions par nos questions, nos expériences nombreuses et notre enthousiasme. Certes, nous n'étions pas tous solides, réfléchis ou empreints de bon sens. Mais c'était notre mission que de pousser le mouvement en avant en multipliant les aventures humaines.
Quand je regarde rétrospectivement cette époque, je me demande très sincèrement ce qu'il en reste. Car je ne vois aujourd'hui presque rien de cet extraordinaire désordre en action en train de constituer notre histoire. La jeunesse a disparue. Elle n'a pas entièrement quittée le mouvement. Seul(e)s certain(e) l'ont fait et pas tous de manière définitive. La plupart de ces membres de la jeunesse Soka sont devenus les hommes et les femmes de leurs départements respectifs. Car notre organisation copie la structure japonaise en séparant dialectiquement hommes et femmes, les jeunes hommes et les jeunes femmes, la jeunesse et le reste.
Alors que le maître spirituel de ce mouvement, Daisaku Ikeda, encourage depuis des décennies les pratiquants à trouver et à édifier des successeurs, nous autres français n'avons trouver personne pour nous succéder. Les jeunes sont devenus vieux et personne n'a prit réellement la relève...
Que nous est-il arrivé ? Quelles sont les raisons pour lesquelles la jeunesse française n'est visiblement pas intéressée ou bien peu informée sur le courant dynamique et révolutionnaire de notre mouvement de création de valeurs ?
On peut chercher et analyser, proposer des théories ou bien constater des faits et des événements déterminants, mais la vérité n'est pas dans les raisons superficielles que l'examen historique et factuel peut nous révéler. La seule et unique raison est l'épuisement de notre croyance. Nous, membres de ce mouvement pour la création de valeurs bouddhiques dans la société française, ne croyons plus à la possible réalisation de la paix par l'établissement d'une philosophie adaptée à notre temps, à notre société, à notre pays.
Oui, nous avons fini par constituer une articulation institutionnelle solide et conforme. Oui, nous proposons des cours d'étude sur les enseignements de Nichiren. Oui, nous faisons l'apologie du maître de la Soka Gakkai, Daisaku Ikeda. Oui, nous prions sincèrement, avec plus ou moins de régularité, devant l'objet de culte. Et oui, nous continuons d'organiser des réunions de discussion et des réunions générales pour nous encourager mutuellement de nos expériences respectives. Mais quels sont nos résultats concrets depuis 1962 ?
Ils sont faibles. Nous parvenons à peine à ne pas être mis à l'index dans des « référentiels » préjudiciables et anti-républicains. Nous peinons à réunir nos membres plus d'une fois par mois pour ne parler que des mêmes thèmes ressassés. Nous avons toutes les difficultés du monde à constituer un discours qui ne soit une parodie ou une exégèse du discours du maître, qui lui-même fait l'exégèse de Nichiren et son propre maître.
Socialement, nous sommes invisibles. Dans l'espace public, nous sommes inexistants. Et s'il prend l'envie à un curieux de vouloir nous étudier, il devra se décarcasser pour trouver des références fiables, propres, claires sur notre doctrine, nos convictions et les dogmes de notre école. Il ne s'agit pas de devenir les concurrents médiatiques des Témoins ou bien des Scientologues. Il ne s'agit pas non plus d'éclipser le bouddhisme lamaïste des tibétains ou bien l'élégance du zen. Mais il ne s'agit pas non plus de rester parqués dans notre pré carré, si bien rangé soit-il.
Tout cela n'est que le reflet de notre manque de croyance, notre manque de conviction qu'il y a une paix possible, une pédagogie efficace et bienveillance sincère qui permette de changer la société de manière abondante et inaltérable. Et parce que nous manquons de croyance, la jeunesse est incapable de nous suivre. Elle nous fuit... ou alors elle s'égare pour un moment seulement. Car la jeunesse ne se nourrit que de croyance. Elle ne dispose pas encore de l'expérience et de l'histoire pour bâtir son monde intérieur et encore moins un environnement ou une société. La jeunesse a besoin de croire, de toutes ses forces, dans un avenir, un projet d'envergure, un discours d'espoir. C'est la capacité de croyance qui caractérise la jeunesse. Et grâce à cette croyance, elle peut changer le monde.
Nous manquons de croyance et nous laissons filer les jours, les semaines, les années sans opérer la réforme intérieure nécessaire pour devenir le phare de la jeunesse. Et ce n'est ni en faisant l'apologie d'un vieillard, ni en se faisant le porte parole de ces discours, ni en montrant un façade institutionnelle lisse et uniforme que nous débuterons ce processus de changement. La jeunesse est un bien précieux et aucun jeune homme et aucune jeune femme ne l'échangera contre un mausolée à la gloire fanée d'un mouvement vivant désormais dans le passé.
Le futur de la jeunesse est devant nous. C'est ce que le président de la Soka Gakkai Internationale, Daisaku Ikeda, nous dit très clairement quand il déclare que la vie d'un homme commence à 60 ans ou bien à 80. Il s'agit une fois encore de rappeler à chacun que la Jeunesse ne désigne pas seulement une génération, ni une catégorie, mais bel et bien un état d'esprit combattif et opiniâtre. C'est avec cet état d'esprit que le fondateur de notre mouvement bouddhique, Nichiren, a composé son traité le plus important, La pacification du pays par l'établissement de l'enseignement correct. C'est aussi avec cet esprit que le premier président de la Soka Gakkai, Josei Toda (avant lui, la Soka Gakkai n'existait pas en tant que telle) a fait sa déclaration cinglante contre les armes nucléaires et condamner leur utilisation ou leur production. Enfin c'est toujours avec ce même esprit que mon maître spirituel, Daisaku Ikeda, a écrit la Révolution Humaine, attestant de l'esprit de la jeunesse au travers d'une monographie de son maître et du Mouvement pour la création de valeurs bouddhiques dans la société, la Soka Gakkai.
La Soka Gakkai, mouvement pour la création de valeurs bouddhiques dans la société, est un mouvement de la jeunesse, pour la jeunesse et par la jeunesse. Il est temps que nous nous en rappelions et que nous retrouvions cet esprit jeunesse que nous avons perdu en cours de route. C'est seulement de cette manière que nous pourrons construire une organisation dynamique, fraîche et nouvelle sur le long terme.
« Sur vos tombes, regrets. Sur la mienne, victoire éternelle...»

08:57

La réunion de discussion, théâtre de la foi

Comme je le disais dans mon précédent billet, mardi, je me rendais avec femme et enfant à ma première réunion de discussion de province, dans la bonne ville picarde de Compiègne. Après quelques tours de ronds points nous voilà rendus chez nos hôtes où se sont réunis une douzaine de personnes, avec une forte majorité féminine. L'atmosphère est cordiale et détendue. Les participants sont aussi bien des novices que des vétérans, le texte d'étude à la main, très curieux et intrigués par notre arrivée remarquée. Un rapide tour de présentation permet de dégeler les rapports et à chacun de se sentir de nouveau à l'aise dans son espace habituel de représentation.
Car une réunion de discussion est aussi un espace de représentation. Les gens n'y sont pas comme chez eux ou comme au travail. L'omniprésence d'un discours sur la foi fait de citations et de témoignages personnels a une grande influence sur le comportement de chacun. Le maître mot est l'optimisme et son corollaire est l'attitude positive. Pas de contestation, peu de réserves énoncées ou articulées.
Pas une seule note discordante ou contradictoire. C'est souvent le cas lors de la première réunion de discussion à laquelle n'importe qui assiste. La polémique est considérée comme contraire à la démarche bouddhique et la contradiction est une marque de malveillance et d'orgueil. Cela donne généralement une atmosphère sereine et compatissante très semblable à des groupes de thérapie collective ou des sessions de formation en dynamique de groupe. La consensualité est de rigueur.

Comme de coutûme depuis quelques années, le sujet, en l'occurrence l'étude d'une phrase des écrits de Nichiren sur l'unité bouddhique (Itai Doshin), est éclipsé par une conversation à l'avenant sur toutes sortes de raisons de pratiquer notre bouddhisme. Il y a bien quelqu'un pour tenter de raccrocher les wagons mais il y en a toujours un autre pour dériver à nouveau et ponctuer la conversation d'une touche personnelle. Et dès que l'on se hasarde à la limite de la métaphysique, de la philosophie ou même de l'enseignement lui-même, l'auditoire se rétracte et tente par des biais divers de recoller à une réalité triviale, périphérique, strictement individuelle...
L'heure et demi de réunion passe assez vite car la conversation va bon train, comme toutes les premières séances, celles dites de premier contact. Et une fois encore c'est souvent le cas dans toutes les réunions de discussion que j'ai fréquentées, animées, organisées... On peut dire que cette atmosphère de premiers contacts est la marque de fabrique d'une réunion réussie... du moins dans Soka Gakkai.
Et après ?
Il n'y a pas d'après. C'est aussi l'étonnante réalité de la réunion de discussion. Ce n'est pas un lieu historique, pas le théâtre d'un feuilleton ou d'une histoire à épisodes. On a toujours l'impression qu'il s'agit de la première fois mais avec les mêmes protagonistes à chaque fois. Et il y a fort à parier que les points abordés à la première rencontre seront aussi ceux abordés dans les dix ou douze rencontres suivantes. C'est ce qui fait de la réunion de discussion, un théâtre, une scène sur laquelle les acteurs peaufinent le rôle qu'ils se construisent dans le monde de la foi.

Le théâtre de la foi est un concept connu des théologiens, des érudits de la religion, des spécialistes de la croyance. Il existe donc toutes sortes de théâtres de la foi. Dans l'Antiquité grecque comme dans les civilisations précolombiennes, les sociétés indiennes ou africaines, les cérémonies religieuses sans liturgie étaient aussi importantes, sinon plus déterminantes, que les cérémonies liturgiques (comme la messe). Aussi étonnant que cela paraisse, les réunions de discussion bouddhiques sont au nombre de ces théâtres de la foi.
Les participants à ce théâtre sont souvent conscients de la singularité de leur démarche religieuse mais ils (et elles) sont parfaitement inconscients du jeu et de l'artifice, c'est-à-dire du fait qu'ils et elles sont en représentation permanente et en constante raffinement de leurs propre personnage de croyant. Les antiques savaient combien la similitude entre l'acteur et le croyant était grande. De grands noms de la littérature et de la dramaturgie grecque et romaine ont traité du sujet de manière complète et souvent pénétrante.
Est-ce à dire que la réunion de discussion n'est encore qu'un exutoire de plus dans la vie des gens et que ce qui s'y déroule est complètement faux, artificiel, vide de sens ?
Pas du tout.

Si le bouddhisme n'a pas pour but premier la sculpture de soi ou la construction intérieure. Son objectif premier reste la réalisation persistante de l'éveil. C'est l'éveil, ou boddhéité, qui implique une construction personnelle, ou plutôt une reconstruction personnelle capable désormais de se libérer des anciens schémas de souffrance et faire feu de toute forme de réalité qui se présente. Cette capacité de librement recevoir et employer toute chose dans le but de s'éveiller davantage est l'un des traits caractéristiques du bouddhisme.
Le participant à une réunion de discussion est donc en quête de cette reconstruction nécessaire, qu'il ou elle appellera pour l'occasion : révolution humaine. Nécessaire pour son développement personnel et nécessaire pour s'éveiller davantage à la nature fondamentale de sa propre vie comme de celle des autres.
Eventuellement, le protagoniste, qu'il soit pratiquant assidu ou simple visiteur régulier, finira peut-être par se rendre compte de la nature théâtrale de la réunion et de sa propre participation. C'est ainsi que de simple mortel découvre sa nature de bouddha et parvient à considérer le monde comme une vaste pièce de théâtre dans lequel ce qui importe ne sont plus les rôles de chacun mais la manière d'en faire usage pour permettre à tous de réaliser l'éveil.

La réunion de discussion est un théâtre de la foi. Les gens que j'ai rencontré mardi ne dérogent pas à cette règle de la mise en scène et du jeu. Moi non plus d'ailleurs... Nous n'avons abordé aucunes des réflexions que je viens d'évoquer dans ce billet. Mais nous ne nous sommes pas ennuyés. Mais ce n'était que les premiers contacts...

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Picardie, terre d'accueil du mouvement Soka

La Picardie est le terreau fertile d'un courant humaniste et moderne du bouddhisme. Originaire du Japon contemporain, le mouvement Soka se développe en France depuis plus de 40 ans et notamment en Picardie. Loin des traditions monastiques si caractéristiques de la vision occidentale du bouddhisme, la philosophie Soka est un outil quotidien, simple et résolument moderne pour s'éveiller à sa propre valeur, à celle des autres et à la valeur de notre environnement.
Composé essentiellement d'un réseau de groupe de discussion à travers la France mais aussi à travers le monde (la SGI est présente dans 192 pays), le mouvement Soka n'a pas vocation à un prosélytisme fermé et exclusif mais bien à la diffusion de valeurs humaines au sein de la société. Beauté, bonté et bénéfice mutuel sont les maîtres mots de notre action, qu'elle soit de terrain ou à des échelons plus vastes.

Les objectifs du mouvement Soka sont aussi essentiels que les valeurs qu'il défend : culture, éducation, paix.
Par culture, nous entendons aussi bien celle que l'on range dans les bibliothèques et des salles de spectacles, que celle plus populaire que nous échangeons dans nos conversations au zinc, à la pause, dans le train ou simplement en famille. C'est la culture vivante et plurielle, construite autour de nos coutumes, de nos idées, de nos croyances traditionnelles, de nos représentations de la famille, de la société, de notre identité.
Par éducation, nous ne nous substituons pas à l'éducation libre et gratuite qui fait encore la singularité de notre pays. En revanche, nous souhaitons apporter une véritable contribution à tous en diffusant des valeurs éthiques ancrées dans la philosophie bouddhiste, des valeurs d'éveil sur soi, sur les autres, sur le monde et sur les interactions et les liens qui nous unissent tous dans ce vaste enchevêtrement que l'on nomme univers.
Enfin par paix, nous souhaitons l'extension de la non-violence comme approche de tout conflit, l'abolition non seulement des confrontations armées mais aussi la disparition pure et simple des arsenaux nucléaires et conventionnels. C'est de loin, notre objectif le plus utopique mais aussi celui qui fourni le plus d'énergie pour opérer de réels changements dans la vie des individus. Nous pouvons penser la paix impossible dans ces termes, mais rappelons-nous que l'on pensait impossible que la Terre fusse ronde, que des hommes soient envoyés dans l'espace ou que l'Europe puisse cesser d'être le théâtre de guerres sans fin.

Pour réaliser ces objectifs, nous avons pour socle la pratique quotidienne du bouddhisme.
Il ne s'agit pas pour le mouvement Soka de devenir des moines en robe safran ou pourpre au crâne rasé, ni de s'exclure du monde en méditant durant la journée entière, ni encore de s'adonner à des exercices de relaxations. La pratique du bouddhisme Soka s'appuie sur les enseignements traditionnels du bouddhisme indien et chinois. Elle se concentre sur une liturgie simple et complètement adaptée à notre société contemporaine, formulée par Nichiren, moine japonais réformiste dont les enseignements ont donné naissance à de nombreux courants monastiques et laïcs.
Cette pratique liturgique se double d'une étude régulière des enseignements et d'un dialogue permanent entre les croyants sur leur expérience du bouddhisme dans le quotidien au cours de réunion de discussion bimensuelles par groupes d'une douzaine de personnes en moyenne. Au travers de ce travail de terrain, complètement articulé sur les individus qui le composent, le mouvement Soka propose de découvrir le bouddhisme, la philosophie humaniste de l'éveil, et de permettre à chacun de se doter des moyens d'être autonome vis-à-vis de soi comme des autres, de développer sa liberté intérieure comme extérieure et de réaliser concrètement les conditions de son propre bonheur.

De tels objectifs ne se réalisent pas en un jour. Il faut du temps et de la patience pour parvenir à se libérer de nos souffrances intérieures, de nos peurs et de nos angoisses. Il nous faut ouvrir les yeux sur la manière dont nous regardons le monde et la considération que nous lui portons. Enfin, il nous faut construire ou reconstruire la confiance en soi, en les autres, et s'éveiller ainsi à la dignité de notre propre vie, à la dignité de la vie tout court. Ce processus bouddhique que nous appelons la révolution humaine est la clé de la réussite individuelle et de la rencontre entre l'individu et son monde. Elle ne nécessite pas de devenir quelqu'un d'autre, ni de se transformer, ni de tout quitter ou de tout abandonner. La révolution humaine s'opère dans la vie que nous avons, dans notre quotidien, au milieu de nos réalités agréables ou désagréables.
En pratiquant le bouddhisme Soka, nous avons la possibilité inattendue de faire sauter les verrous qui nous empêchent d'avancer et de transformer ce que nous pensions être des obstacles en tremplins pour notre développement personnel. Ainsi, nous retrouvons la possibilité du choix. Et choisir c'est être libre...
En Picardie aussi, nous avons cette chance. Plusieurs groupes de discussion existent à Amiens, à Beauvais, à Compiègne et ailleurs qui se réunissent deux fois par mois pour discuter des enseignements de Nichiren et du bouddhisme Soka, et pour échanger leurs points de vue et partager leur expérience toute personnelle du bouddhisme au quotidien. Ces groupes sont ouverts et accueillent ceux et celles qui sont intéressés, curieux, désireux de voir des changements s'opérer pour le mieux dans leurs vies et dans l'environnement.

Pour en savoir plus :
— le site des réunions de discussions en France (http://www.reunion-discussion.fr)

Pour nous contacter :
— infos@reunion-discussion.fr

D'autres liens utiles sont disponibles en marge.